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L'héritage de Bretagne

Dimanche 27 Septembre à 15h00. Cathédrale d'Evreux

Tarif: 12€, réduit 10€, gratuit jusque 18 ans         

Billetterie: Comptoir des loisirs, 11 rue de la Harpe (02 32 24 04 43) ou à l'entrée du concert

 

TRIO KERVAREC : l'HERITAGE DE BRETAGNE

Per Vari Kervarec, Tony Dudognon, Brieuc Colleter

Cornemuse, Biniou, Orgue et chant

 

Depuis le 30 Novembre 2019, le Trio PêrVari Kervarec fait voyager la Bretagne et les cultures minoritaires dans les Eglises et Cathédrales autour de la Bombarde, de l’Orgue, du chant, de la cornemuse et biniou, à travers les Gwerzioù, Kantikoù, des poèmes. Le trio poursuit la transmission des passeurs de mémoire comme Louise Ebrel, Yann Fañch Kemener, Jean Louis Corbineau..

 

 

1. Kimiad an Ene « Si ma langue maternelle secoue les fondations de votre Etat, cela signifie probablement que vous avez construit votre Etat sur mes terres. »
Tout au long du siècle, des érudits, poètes, militants ont développé un discours sur les singularités de la Bretagne. Des écrivains et des peintres ont construit des images. Le tourisme est venu, à la rencontre du « sauvage » puis du pittoresque. Au départ c’est la Basse-Bretagne, la terre des vraies singularités, qui est ainsi présentée. Puis les militants politiques de la fin du siècle dispensent un discours qui globalise la Bretagne et celle-ci émerge alors, dans son unité.
2. Deus Ganin me d’am Bro « La culture s’arrête à six ans, après on nous instruit. On n’est pas un idiot quand on commence l’école, on a déjà une culture d’avance »
Poussés par la misère, des milliers de Bretons viennent chercher du travail à Paris dès la seconde moitié du XIXe siècle. Un exil douloureux pour ces populations souvent rurales qui se heurteront, au mépris de la bourgeoisie parisienne. Arrivant par Montparnasse, les nouveaux venus investissent naturellement le 14e arrondissement, qui devient un véritable village breton. Ces arrivants constituent une main d’oeuvre idéale pour les travaux pénibles. Dès 1898, nombreux sont les hommes employés au percement des tunnels du métro parisien du Breton : F. Bienvenüe. Les femmes ne sont pas mieux loties : nourrices, concierges, bonnes ou marchandes de rue, elles pâtissent de conditions de travail difficiles et gagnent souvent des salaires de misère.
3. Me zo ganet e kreiz ar mor « Si les Bretons se francisent par la langue, en revanche les Gallos du Rennais se bretonnisent par le coeur ; et, ainsi, se forme un peuple dont les deux langues expriment un même sentiment de dévouement à la patrie bretonne. »
« Je suis né au milieu de la mer, à trois lieues au large ! J’ai là-bas, une petite maison blanche. Le genêt pousse devant la porte, et l’ajonc couvre le seuil. Mon père. Comme ses pères, était marin ! Il a vécu dans l’ombre et sans gloire le pauvre, personne ne chante ses gloires ! Chaque jour, chaque nuit, sur la mer sans ride, mon père comme ses pères, posait ses filets ! Ma mère aussi a travaillé, en sa compagnie, la sueur sur nos fronts, J’ai appris, tout petit : à moissonner, à arracher les pommes de terre ; Ma mère aussi a travaillé, pour gagner le pain ! »
4. Plac’hig Eusa « La culture, c’est la mémoire d’un peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre »
Ouessant, l’île des prêtresses ; l’île des femmes en deuil ; l’île des filles de la pluie. À l’origine, Ouessant est une île, battue par des vents contraires et des courants dangereux. Les hommes pour la majorité marins, disparaissaient à l’horizon. Ne restaient plus que les femmes, qui composaient avec les tempêtes et l’absence. « Sellaouit ‘ta, O kanañ, Enez Eusa. Ici les marins disparus, Mères et épouses et même les enfants, revenus de l’Océan ».
5. E Tal er Groaz « On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer. »
Les Bretons ont la réputation d’être voyageurs et, on en retrouve partout dans le monde. À partir du XVIe siècle, l’émigration bretonne va suivre les aléas de la politique coloniale française. Fréquentant les bancs de pêche de l’Atlantique nord, les Bretons sont ainsi nombreux à s’installer dans les colonies américaines, particulièrement au Québec, reconnu par le Malouin Jacques Cartier en 1534. Entre la fin du XIXe siècle et les années 80, 60 000 Bretons ont rejoint l’Amérique du Nord pour fuir la pauvreté. En 1776, 20 000 Bretons combattent au côté de G.Washington pour une autre chimère : la naissance des États-Unis d’Amérique. 2 000 y perdront la vie. La ruée vers l’or au XIXe siècle apporte un nouveau flot de Bretons. Mais c’est la fin du XIXe siècle qui marque le début de la plus grosse vague d’émigration. Des dizaines de milliers de Bretons, surtout issus du Centre-Bretagne, désertent les campagnes pour rallier le nouveau monde. En cause, le manque de travail. Beaucoup filent vers les campagnes pour y être embauchés.
6. Karantez Vro « Celui qui n’a pas de terre, n’a pas de racines »
« Parler breton aux petits ? Ah bien oui ! Dites donc, je ne suis pas folle ! Bon ! Parlez-leur le français des vaches, je m’en fiche. Vous ferez comme vous voudrez. Attendons ! Il n’a pas fallu attendre longtemps, les enfants vite fatigués de voir leurs amis se moquer de leur français de cuisine, hors d’eux reprochent aujourd’hui à leurs mères de leur avoir refusé la langue de leur pays.»
7. Dibenn miz gwengolo « On peut être né en Bretagne et ignorer totalement son appartenance à l'identité bretonne, il y en a d'autres qui choisissent de découvrir l'identité bretonne, prendre conscience et de rêver de l'avenir de la Bretagne. »
En l'an 1976, le dernier jour de septembre, pauvres et riches ont été frappés de malheur sur les montagnes de Dinéault. Ecoutez, coureurs des chemins ! Le feu rouge s'est éteint dans l'âtre. Comme elles sont noires, les traces de ce jour de deuil sur les montagnes de Dinéault. Silence, coureurs des chemins ! Comme il est bas, le plafond des nuages, Chacun sèmera ses larmes en abondance sur les montagnes de Dinéault. Pleurez, coureurs des chemins ! Comme il est affreux, le refrain des trépassés. Le grain du vrai combattant s'est éparpillé sur les montagnes de Dinéault. Pleurez, coureurs des chemins ! Impitoyable est la sinistre explosion des nuits le dernier jour du mois de septembre. Et le loup, le chien et l'homme hurleront sur les montagnes de Dinéault. Hurlez, coureurs des chemins ! Qui portera notre bannière en grand deuil tous les mois de septembre ? Et souvenez-vous, mes fils, de Yann-Kel, l'homme mort pour sa patrie. Brûlez, brûlez, souvenirs.

8. Gouloù an Tan « Ma patrie est là où je la plante : Terre ou mer, elle est sous la plante de mes pieds – quand je suis debout »
« Toi, Saint Michel, debout dans la cendre, montrant que la foi est le chemin pour que les flammes ne te lèchent point, je pleure ta lande et tes bruyères tendres. Curieux destin que ta terre au nom d’Arès, avez-vous vu le feu de l’enfer que seules les larmes peuvent éteindre ! Terre dépouillée pour montrer aux hommes qu’ils peuvent vivre, toi aux rudes marécages, d’air ivre, tu prends un air de mort. Cernée par tes Montagnes Noires que l’âme et l’esprit adorent, tu révèles le chant du soir sonnant, par ton clocher silencieux pour cette mémoire. Revoir les fleurs et la terre aride fleurir, semer d’amour l’à l’entour flétri et parler à leurs oiseaux meurtris, renaître d’eau et d’esprit pour ne plus mourir. Mont saint Michel de Brasparts à l’orée du feu, à genoux iront tes pèlerins louer la prière.
9. Kentizh man splann er gouloù deiz « On n’efface jamais l’histoire, la culture, les solidarités et les sentiments d’appartenance. Les provinces ont derrière elles une longue histoire, elle nourrit de symboles, qu’il est difficile de gommer. »
« Le breton est-il ma langue maternelle ? Suis-je même Breton ? Vraiment, je le crois, qu'en sais-je et qu’importe ? J'ai longtemps ignoré que j'étais breton, français sans problème. Il me faut donc vivre la Bretagne en surplus ou pour mieux dire en conscience. Si je perds cette conscience, la Bretagne cesse d'être en moi Si tous les Bretons la perdent, elle cesse absolument d'être. La Bretagne n'a pas de papiers, elle n'existe que si à chaque génération Des hommes et des femmes se reconnaissent Bretons À cette heure, des enfants naissent en Bretagne, seront-ils Bretons ? Nul ne le sait. À chacun, l'âge venu, la découverte ou l'ignorance. »